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FMI:La croissance va reprendre en Tunisie

La croissance en Tunisie devrait reprendre de manière modeste en 2021, mais elle risque d’être révisée à la baisse, selon le Fonds Monétaire International (FMI).

Dans un communiqué, le FMI, dont le conseil d’administration vient d’achever les consultations au titre de l’article IV avec la Tunisie, a fait savoir qu’il s’attend à un rebond de 3,8% pour la croissance du PIB après une contraction de -8,2% en 2020, tout en mettant en garde contre le risque d’insoutenabilité de la dette publique à défaut d’un programme de réformes solide en Tunisie.

Selon le document, les administrateurs du Fonds ont noté que la dette publique de la Tunisie deviendrait insoutenable à moins que ne soit adopté un programme de réforme solide, crédible et bénéficiant d’un soutien étendu.

Ils ont appelé les autorités à rendre la fiscalité plus équitable et favorable à la croissance, et encouragé à prendre des mesures pour apurer les arriérés qui ont été accumulés dans le système de sécurité sociale.

Après avoir estimé que la priorité dans l’immédiat consiste à sauver des vies, ainsi que les moyens de subsistance de la population et à stabiliser l’économie jusqu’à ce que la pandémie s’atténue, il a souligné que la politique économique doit aussi, avoir pour objectif de rétablir la soutenabilité des finances publiques et de la dette, ainsi que de promouvoir une croissance inclusive.

Selon le FMI, la masse salariale de la fonction publique en Tunisie a atteint 17,6% du produit intérieur brut (PIB). Cette hausse enregistrée en pleine crise économique et sanitaire fait de la masse salariale de la fonction publique tunisienne l’une des plus élevées au monde par rapport à son PIB, met en garde l’institution financière internationale.

D’après le FMI, elle est en partie due à la pandémie de Covid-19 qui a augmenté les besoins urgents du pays dans le secteur sanitaire, poussant ainsi les autorités à engager plus de personnel.

Au total, 40% des nouvelles embauches effectuées par l’Etat, en 2020, l’ont été dans le secteur de la santé, a révélé la même source.

Elle a estimé que si ces nouvelles embauches ont pu être nécessaires pour faire face à la pandémie, elles n’arrangent en revanche pas les finances publiques de l’Etat.

Les experts du FMI ont appelé aussi les autorités à rendre la fiscalité plus équitable et favorable à la croissance, et encouragé à prendre des mesures pour apurer les arriérés qui ont été accumulés dans le système de sécurité sociale.

Ils ont souligné qu’il est nécessaire d’opérer des réformes d’ample portée, dans les entreprises publiques afin de réduire les passifs éventuels, incitant les autorités à adopter un plan visant à réduire les risques budgétaires et financiers des entreprises publiques, à renforcer la gouvernance d’entreprise et à améliorer l’information financière et la transparence.

Les administrateurs ont indiqué par ailleurs que la politique monétaire doit avoir pour souci primordial l’inflation, en agissant sur les taux d’intérêt à court terme, tout en préservant la flexibilité du taux de change.

Ils ont exhorté les autorités à éviter le financement monétaire du budget, recommandant la mise en œuvre la feuille de route devant mener au ciblage de l’inflation, et l’élaboration d’un plan graduel et assorti de conditions pour la libéralisation du compte de capital, tout en surveillant de près la solidité du secteur financier.

Ils considèrent par ailleurs, qu’il est essentiel de promouvoir l’activité du secteur privé pour augmenter la croissance potentielle et la rendre plus riche en emplois et inclusive.

Les réformes doivent porter essentiellement sur l’élimination des monopoles, la suppression des obstacles réglementaires et l’amélioration du climat des affaires, ont-ils insisté.

Les administrateurs ont par ailleurs salué les efforts que les autorités consentent pour accroître l’inclusion financière et tirer parti des technologies numériques.

Ils ont jugé qu’il est important de renforcer la gouvernance, appelant à mettre en œuvre effectivement les dispositifs de lutte contre la corruption, contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Les administrateurs ont souligné aussi que les dépenses liées à la pandémie de COVID-19 doivent être efficaces et transparentes tout en saluant l’objectif d’investissement dans l’énergie renouvelable afin de combattre le changement climatique.

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